a venir...

Finalement, pas deux, mais trois vainqueurs! Pascal Garnon ayant produit le meilleur mixage de la catégorie challenge, a cédé sa dotation au deuxième après lui, Tom Eguileor. Et Eric Giordana remporte la victoire sur Glow!




Dans quels studios as tu travaillé? Actuellement où exerces tu? Quels artistes fameux as tu pu cotoyer? Sur quels albums connus as tu pu apporter ta contribution?





As quel âge as tu commencé et comment t'es venu la passion du son? Comment t'es tu formé?




Le milieu de l'ingénierie du son est il plutôt collaboratif ou concurrentiel? Fermé ou ouvert aux nouveaux profils?




As tu constaté un impact de la crise covid sur le monde de l'enregistrement?




Que penses tu de la vague home-studio qui se développe de plus en plus?




Actuellement tu as aussi une activité de partage de ta connaissance, quelle est d'après toi la formule du bon apprenant et celle du bon enseignant?




Une citation préférée? Un leitmotiv?




Quels sont tes hardwares favoris? Tes plugins de prédilection?




Comment as tu abordé le mixage de "High Atlas"? Tu as produis un travail avec un bel équilibre et pas mal de profondeur. Comment as tu obtenu cette profondeur?




Quels sont tes projets actuels? Où peut on suivre ton travail?






Quel est ton parcours dans la musique? Qu'est ce qui a motivé ton parcours professionnel?


Je suis passionné de musique depuis mon adolescence, j’ai assisté à beaucoup de concert assez jeune et le côté technique du spectacle m’a tout de suite attiré. Après le baccalauréat j’ai fait mes premiers cachets comme roadies ce qui m’a donné envie d’aller plus loin dans le métier. J’ai donc fait une formation au Grim Edif à Lyon comme technicien polyvalent du spectacle vivant. Je me suis directement spécialisé dans le son.
En parallèle je me suis monté un studio, au début pour moi puis petit à petit je me suis mis au service des autres. J’ai maintenant une double activité : je fais du calage système, du mixage pour le spectacle vivant (principalement du concert) et du mixage-mastering en studio.


Peut on facilement concilier vie personnelle/familiale, et sociale avec le travail du son? As tu toujours été soutenu par les autres dans tes choix?

Il n’est parfois pas évident de concilier le live et une vie de famille surtout pendant la période estivale ou les festivals s’enchainent mais pour ma part j’ai toujours été soutenu par ma famille et mes amis quant à mes choix de travailler dans le milieu de la musique live. Pour le studio c’est tout à fait possible il suffit de bien s’organiser pour se laisser du temps.


Quels sont tes genres musicaux de prédilection? D'après toi est ce nécessaire de se spécialiser dans un genre ou au contraire faut il être éclectique pour la pratique du métier?

Je n’ai pas forcément de genre prédilection, justement ce qui me plait c’est d’être éclectique de pouvoir mixer un jour du métal et le lendemain de l’électro. Je pense que c’est dur d’être spécialisé dans un style unique de nos jours et justement toucher à plusieurs genres musicaux c’est motivant. Les techniques de mix sont vraiment différentes d’un genre à l’autre et la façons d’aborder le mixage aussi.


Je crois que tu fais aussi de la sonorisation évènementielle et d’extérieur. Quelles différences sont à prendre en compte dans la mise en place et la gestion des prises sons live par rapport à celles en session studio ?

Le premier des points à prendre en compte en live c’est la repisse des autres instruments dans le micro, il faut en avoir le moins possible si on veut un son précis et clair. Le choix du micro et son placement par rapport à la source sont cruciaux afin d’éviter justement cette repisse. On choisit en premier lieu un micro pour sa directivité plutôt que sa « couleur ». Par manque de temps et par simplicité on va souvent à l’essentiel en ne plaçant qu’un micro par source sauf pour la batterie bien sûr.


As tu sonorisé des manifestations culturelles importantes ? Si oui lesquelles ?

Oui, j’ai eu la chance de pouvoir sonoriser un groupe avec qui j’étais en tournée sur la grosse scène du Reggae Sun Ska, j’ai aussi sonorisé les Fêtes de Massy, le festival de Pierrelatte, les feux de Saint Cloud, le Before de Musilac et plein d’autres festivals et concert.


Que penses tu de l’avenir de la musique et de l’enregistrement face à la crise sanitaire actuelle ?

La musique n’a jamais été autant consommée et je ne pense pas que ça va s’arrêter de sitôt. L’enregistrement, le mixage, le mastering ont encore de l’avenir devant eux. Par contre la situation du spectacle vivant et de ses acteurs est vraiment préoccupante, si les choses ne reprennent pas rapidement le secteur risque de s’effondrer.


Une chose de la vie ou de la société qui te touche positivement ? Une autre que tu détestes ?

Ça peut paraître bateau mais les moments avec la famille et les amis sont important surtout en ce moment.
Un truc qui m’énerve par contre c’est l’inaction des gouvernements face à l’écologie.


As tu un ou des tuyaux pour réaliser un bon mixage ? Un bon mastering ?

En mixage j’utilise pas mal les automations de volume ou d’effet pour créer du relief et rendre le mix plus interessant et le morceau plus vivant. Pour que mon mix soit cohérent j’utilise très souvent un morceau de référence du même genre musical, ça me permet de ne pas trop m’éloigné du rendu que je veux atteindre que ce soit en termes de tonalité ou de niveau. D’ailleurs j’utilise aussi cette technique en mastering.
Quand j’arrive à la fin d’un projet je fais toujours une écoute sur une ou deux autres paires d’enceintes et au casque pour voir si c’est homogène partout.


Quels sont tes matériels et softs favoris ? Utilises tu des clones ou du matériel auto construit ? Qu’as tu utilisé pour le mixage de « High Atlas » ?

Pour mon studio j’ai opter pour un set-up hybride numérique et analogique. Je suis équipé en convertisseurs Apollo et Rme. En soft je me sers principalement de Logic pro X et de Izotope Rx7. En plugin j’utilise du Uad, Waves, Plugin Alliance etc…
Pour le matériel analogique j’ai effectivement des clones de grande marque construit et modifier par mes soins mais aussi du matériel acheté dans le commerce et quelques micros.
Sur le mix de High Atlas j’ai utilisé des plugins cités plus haut mais aussi mes machines analogiques : compresseur Dbx 160, Drawmer 1978, eq Orban 622b pour les éléments de la batterie, eq Orban 622b + comp Ssl 4000 pour les guitares et synth, eq Neumann W492 pour la voix lead et sur le bus master un double preamp ligne Bfe v1170 (pour la coloration) et un comp Tegeler audio crème.


Quels sont tes projets du moment ? Où peut on suivre ton travail ?

Pour le moment mon activité d’ingé son live est complétement à l’arrêt dû à la crise du covid. J’essaie de développer mon réseau pour faire plus de studio surtout du mix mastering et je fais quelques formations en mastering.
On peut suivre certaine de mes news sur instagram : meto.eglr



Comment te définis tu? Musicien attiré par le mixage? Ou ingénieur son et à tes heures instrumentiste? Fais tu de l'arrangement en plus du mixage? Dans quelle structure travailles tu?


Ma première passion est la guitare. J’ai débuté à l’âge de 11 ans et je n’ai jamais arrêté de jouer depuis. Mais, depuis plusieurs années maintenant, mon intérêt pour l’enregistrement et le mixage ne cesse de grandir et prend peu à peu le pas sur le musicien. Je continue à jouer dans deux groupes en ce moment, donc je dirais qu’actuellement c’est environ 50/50…
Sur certains projets, je m’occupe également de la production. Parfois, je suis amené à réaliser un projet de A à Z pour un artiste. De l’arrangement au mastering, en passant par l’enregistrement et le mixage. J’aime bien toucher à tout.
J’ai la chance d’avoir un espace dédié chez moi, baptisé le bLAsT Studio. C’est une pièce très conviviale où il y a tout ce qu’il faut pour composer et enregistrer.


Quelle est l’importance du relationnel dans le métier/milieu ? A tu un réseau établi en local ou à distance ? Si oui, comment t’y es tu pris pour le monter ?

Je pense que le relationnel est primordial dans ce métier. Bien sûr les compétences « musicales » sont importantes mais je crois qu’un artiste aura plutôt tendance à retourner dans un petit studio sympa où il s’est senti à l’aise que dans un gros studio dont l’ingé son était antipathique. Pour ma part, les relations se créent au fil du temps, lors de formations que je fais régulièrement, sur les réseaux sociaux, etc…
Comme pour la plupart d’entre nous, cela fonctionne surtout par le bouche-à-oreilles. Côté promo, j’ai pas mal de progrès à faire mais c’est un objectif de cette année. Pour le moment, j’ai une page Facebook et un site internet.


Quel est le coeur de ton équipement ? Celui qui est indispensable, que tu utilises toujours ou très régulièrement ?

Je travaille sur un PC avec un i9 9900K et 32 Go de RAM.
Mon DAW de prédilection est Cubase, tout simplement parce que c’est celui que j’utilise depuis que je suis ado, donc je le connais très bien.
Comme interface, j’utilise une Apollo X8P + Apollo X16 et 2 cartes Octo UAD.
J’utilise les préamplis de l’apollo et j’ai un Neve 1073SPX.
J’ai quelques beaux micros dont un FLEA 47 et un U87.
En hardware, j’ai quelques compresseurs dont un 1176LN, LA2A et un distressor.
En plug-ins, je dirais que j’utilise principalement UAD, Fabfilter et Soundtoys.


Travailles tu plus avec des vrais prises ou bien des vstis ? Les instruments virtuels actuels peuvent ils, pour toi, rivaliser avec de vrais instruments ? As tu des banques sons que tu conseilles et pourquoi ?

J’utilise les deux. Lorsque c’est possible, je préfère largement enregistrer une batterie acoustique plutôt qu’utiliser un VSTi. J’ai toutefois une Roland V-drum à portée de main parce que c’est tellement pratique!
Pour tout ce qui est guitare ou basse, j’utilise souvent des simulations d’ampli en plug-in ou avec un Fractal Audio Axe FXIII.
Pour le clavier, n’ayant pas de piano acoustique, j’utilise uniquement des instruments virtuels.
J’utilise principalement les sons de la Komplete 12 Ultimate de Native instruments.
Je pense qu’en général, les VSTi sont très aboutis aujourd’hui mais il reste important de réellement jouer l’instrument au lieu de programmer les notes avec le clavier et la souris. Si l’on prend l’exemple de la batterie, on pourra obtenir un très bon résultat avec un VSTi comme Superior Drummer 3 à condition que la performance soit faite par un batteur sur une batterie électronique et non pas écrite à la main.


As tu des anecdotes d’essais exotiques ou détonants sur du matériel ? Des techniques originales mais qui ont marché ?

J’ai eu l’idée d’enregistrer une guitare acoustique avec un Sub-Kick près du chevalet en supplément d’un KM184 vers le manche. Le Sub-Kick apportait tout le corps et la chaleur que le KM184 n’avait pas et j’ai trouvé le résultat excellent. Mais à la troisième lecture de cet enregistrement, j’ai carrément cramé une enceinte Focal SM9. Depuis, quand j’utilise le Sub-Kick, je tremble…


Pour ton prochain Noël le barbu en rouge t’accorde le cadeau que tu veux sans aucune restriction. Que demandes tu ?

Un micro ELAM 251. Ou un C12. En tout cas, un microphone haut de gamme parce que je reste persuadé que 90% du boulot se fait à la prise.


Comment as tu abordé le mixage de « Glow » ? Quels ont été tes principaux choix de mixage ayant conduits au résultat obtenu ?

Par curiosité, j’ai rouvert récemment la session et j’ai été étonné de voir que je n’avais pas fait beaucoup de traitement finalement.
Les pistes étaient déjà « traitées » pour la plupart et nécessitaient peu de travail. Il s’agissait surtout de faire une bonne balance, répartir les éléments dans l’espace.
Apparemment, j’avais acheté Soothe 2 peu de temps avant parce qu’il est présent sur pas mal de pistes sur ce mix. Certains instruments et le chant étaient sur le versant « agressif » et Soothe est un bon outil pour ça.
De mémoire, j’ai rajouté une Reverb RMX16 Non-lin pour donner un côté bien eighties sur la caisse claire.
Sur le bus Master, j’avais un SSL G-comp et des Pultec de Stam Audio.


Comment vis tu la situation culturelle actuelle ? Le monde musical va-t’il s’en sortir d’après toi ?

Oui, les choses évoluent, les modèles changent mais il n’y a jamais autant de gens qui font et qui écoutent de la musique qu’actuellement.


Qu’envisages-tu comme évolution personnelle et professionnelle dans l’avenir ? As tu des objectifs que tu souhaites atteindre ?

Je souhaite augmenter la part du temps que je consacre à la musique. J’envisage d’agrandir le studio pour faciliter les enregistrements « live » et ce n’est pas une mince affaire…


Avec quels groupes/artistes as tu travaillé ? Quelles sont tes réalisations du moment ?

Récemment, j’ai fait des choses très variées. J’ai par exemple enregistré le deuxième album de Garrig, un groupe de musique traditionnelle avec violon, accordéon et guitare. Je suis en train de terminer un EP avec une artiste, Alex, pour laquelle je me suis occupé de la production dans un style Electro-pop qui va bientôt être disponible et je travaille à distance avec un groupe en Allemagne, Kaos Family, qui fait des chansons pour enfant dans un style Punk!

A l'écoute :
Pascal Garnon


A l'écoute :
Tom Eguileor


A l'écoute :
Eric Giordana